Une histoire de la biologie

71GnTbMaUQLC’est le dernier livre de Michel Morange, Une histoire de la biologie, qui m’incite à créer ce blog. C’est un vaste programme que cette fresque qui démarre avec la naissance de la biologie chez les grecs, et s’arrête à la porte des laboratoires du XXIe siècle. Le compte-rendu viendra plus tard, mais la qualité du travail est évidente. Chaque chapitre est divisé en un exposé des faits sur une période donnée, suivie d’une « mise en perspective » et surtout d’une partie « Et pour nous aujourd’hui » qui facilite grandement l’intégration des découvertes de chaque période dans le grand livre du vivant décrypté au fil des siècles.

On trouve ainsi une page consacrée à la question de la contribution du Moyen-Âge à la biologie ; si les découvertes et les grandes figures ont été peu nombreuses (ne ressortent qu’Albert le Grand et Frédéric II), l’auteur évoque la création des universités comme une contribution majeure, toujours vivante aujourd’hui. Le chapitre sur le XIXe siècle permet également de discuter la question de savoir si la découverte récente de l’épigénétique permet de réintroduire le transformisme lamarckiste et l’hérédité des caractères acquis.

D’autre part on ne saurait trop remercier l’auteur pour non pas  un, mais deux index, l’un pour les figures historiques et l’autre pour les thématiques ainsi qu’une très riche bibliographie. Ce qui est fréquent dans les livres anglo-saxons mais rare dans les ouvrages français.

Autre fait marquant, Michel Morange étant à la fois chercheur, historien et philosophe des sciences, il ne se restreint pas à la biologie et n’hésite pas à aborder des notions philosophiques. Le premier chapitre portant sur l’Antiquité, on y trouve notamment une discussion sur ce qu’il reste des quatre causes aristotéliciennes lorsqu’on les applique à la biologie moderne. Et je ne peux pas résister à citer cette pique glanée au vol dans le chapitre sur le XIXe siècle : « Les références récurrences de scientifiques à Leibniz ou Spinoza doivent être considérées avec beaucoup de prudence, vu leur ignorance de la philosophie ! » S’ensuit une courte discussion sur la question de savoir si les convictions de Pasteur ont pu influencer sa détermination à démontrer que la génération spontanée n’existait pas.

Pour finir, un survol de l’index révèle les auteurs les plus cités : Aristote, Claude Bernard, Buffon, Cuvier, Galien, Goethe, Haeckel, Lamarck, Mendel, Morgan, Pasteur ; mais il y en a plusieurs centaines. La lecture de ce livre devrait être obligatoire pour tous les étudiants en biologie !

Remarque : pour ceux qui souhaitent une histoire plus détaillée, vous pouvez lire l’Histoire du développement de la biologie de Hendrik C.D. de Wit, en trois volumes, publiée aux Presses Polytechniques et Universitaires Romandes en 1992.

À bientôt

Une histoire de la biologie